Growth & Acquisition
Pourquoi je préfère 50 bons prospects à 5 000 contacts scrapés
Retour d’expérience sur mes campagnes outbound LinkedIn et Lemlist : ce que le volume ne compense jamais, et pourquoi je commence désormais par l’ICP.
« 50 bons prospects valent mieux que 5 000 contacts » est volontairement une formule. Je ne cherche pas à opposer artificiellement petite et grande base de données. Ce que mes campagnes outbound m’ont surtout appris, c’est qu’un gros fichier ne compense jamais un mauvais ciblage.
En travaillant sur plusieurs campagnes LinkedIn B2B, j’ai vu des segments de plusieurs centaines de prospects générer très peu de conversations, tandis que des ciblages plus précis obtenaient de bien meilleurs signaux.
Le vrai sujet n’est donc pas : combien de contacts avez-vous ? Mais : combien correspondent réellement au problème que vous essayez de résoudre ?
Quelques chiffres de terrain
19campagnes Lemlist
3 135prospects importés
1 928prospects activés
1 178messages LinkedIn envoyés
518invitations acceptées
121réponses
Ces données ne prouvent pas qu’une stratégie est bonne ou mauvaise à elles seules. Elles permettent surtout de comprendre où un ciblage, un message ou une séquence doit être amélioré.
Le volume peut masquer un mauvais ciblage
Sur une campagne ciblant des CTO, près de 1 000 prospects ont été intégrés dans la séquence. Le résultat final a pourtant été très faible : 4 réponses et aucun rendez-vous obtenu.
Campagne CTO
986 prospects
4 réponses
0 rendez-vousÀ première vue, 986 prospects donnent l’impression d’un potentiel important. Mais si la cible est trop large, que le besoin n’est pas suffisamment présent ou que le message manque de pertinence, le volume ne fait qu’amplifier le problème.
C’est probablement l’un des apprentissages les plus importants que j’ai tirés de ces campagnes : augmenter le nombre de prospects n’améliore pas mécaniquement les performances.
Ce n’est pas seulement une question de message
Un mauvais résultat ne signifie pas automatiquement que le copywriting est mauvais. Il peut venir de plusieurs éléments :
- Cible trop large.
- Mauvais niveau de séniorité.
- Secteur peu pertinent.
- Besoin inexistant au moment du contact.
- Offre mal alignée.
- Message trop générique.
- Séquence trop longue ou mal cadencée.
L’outbound fonctionne donc davantage comme un système que comme une simple campagne d’envoi.
Les segments précis donnent de meilleurs signaux
Les campagnes les plus intéressantes n’étaient pas nécessairement celles avec le plus de prospects. Certaines cibles techniques plus précises, notamment autour de profils Flutter ou QA, ont généré de meilleurs signaux d’engagement.
La raison n’est probablement pas magique : la proposition de valeur était simplement plus proche du contexte réel de la cible.
Je commence maintenant par l’ICP, pas par le fichier
Avant de scraper ou d’importer des contacts, je préfère désormais répondre à quelques questions simples :
- 01Quelle entreprise cherche-t-on réellement ?
- 02Quel rôle ressent le problème ?
- 03Quelle taille d’entreprise est pertinente ?
- 04Quel signal montre que le besoin peut exister maintenant ?
- 05Pourquoi cette personne aurait-elle une raison de répondre ?
Si ces réponses ne sont pas claires, augmenter la taille du fichier ne résout rien. C’est aussi ce cadrage qui structure mes chantiers de prospection outbound.
Un bon prospect au mauvais moment reste un mauvais prospect
On peut parfaitement identifier la bonne entreprise et la bonne personne, mais tomber au mauvais moment.
- Aucun recrutement en cours.
- Budget déjà verrouillé.
- Prestataire déjà choisi.
- Priorité business différente.
- Projet repoussé.
C’est pour cette raison que j’essaie de ne plus réduire un ICP à un simple intitulé de poste ou à une taille d’entreprise. Les signaux de contexte comptent aussi.
Le scraping n’est pas la stratégie
J’utilise le scraping et l’enrichissement de données parce qu’ils permettent de travailler plus vite. Mais ce sont uniquement des moyens.
Scraper 10 000 contacts en quelques heures n’a aucune valeur si 9 500 d’entre eux n’ont aucune raison de s’intéresser au message.
Le scraping permet de trouver des contacts. Il ne permet pas de créer de la pertinence.
Moins de jargon, plus de contexte
À force de regarder les réponses et les absences de réponse, j’ai également simplifié les messages. Plus un message ressemble à un pitch générique ou à une séquence automatisée, plus il devient facile à ignorer.
- Des messages plus courts.
- Moins de jargon.
- Une personnalisation réellement liée au prospect.
- Des propositions de valeur plus compréhensibles.
- Des séquences moins mécaniques.
L’objectif n’est pas de faire croire qu’un message automatisé a été écrit manuellement. L’objectif est que le message reste pertinent pour la personne qui le reçoit — c’est aussi la limite que je pose sur les chantiers d’automatisation marketing.
Les métriques que je regarde vraiment
1. Invitations acceptées
Est-ce que la cible reconnaît suffisamment la pertinence du profil ou du contexte pour accepter la connexion ?
2. Taux de réponse
Le message donne-t-il réellement envie de répondre ?
3. Nature des réponses
Une réponse négative peut parfois être plus utile qu’un silence, parce qu’elle aide à comprendre le problème de ciblage ou de proposition de valeur.
4. Rendez-vous générés
C’est là que l’on commence réellement à mesurer l’impact commercial.
Ce que j’ai changé après ces campagnes
Avant
- Commencer avec une liste relativement large.
- Segmenter ensuite.
- Regarder surtout le volume envoyé.
- Chercher à maximiser le nombre de contacts.
Maintenant
- Définir précisément l’ICP avant le scraping.
- Séparer les segments dès le départ.
- Adapter le message au contexte de chaque cible.
- Analyser les réponses qualitativement.
- Couper rapidement une campagne qui ne donne aucun signal.
- Privilégier la pertinence avant le volume.
Ma position
Je ne suis pas contre le volume. Certaines stratégies nécessitent naturellement beaucoup de données et beaucoup de prospects.
Je suis contre le volume utilisé pour compenser un manque de réflexion sur la cible.
Si je dois choisir entre une base massive mal définie et un segment beaucoup plus petit dont je comprends réellement le besoin, je choisis le deuxième.
La meilleure base de prospection n’est pas forcément la plus grande. C’est celle dans laquelle chaque contact a une raison crédible d’être là.
À propos des données
Les chiffres présentés dans cet article proviennent de campagnes outbound B2B sur lesquelles j’ai travaillé directement. Ils sont utilisés ici pour documenter mes apprentissages, pas comme promesse de performance future.